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La Dessindustrie est un travail sur l‘image de Dunkerque, qui ose une perte de contrôle.

La Dessindustrie

2018, Halle aux Sucres, Dunkerque Performance / Installation, Dessin sonore papier, crayon à huile, microphones, haut-parleur (exciters), système son 7 canaux

Extrait 4min
Un développement courageux !

Dunkerque est une ville portuaire et industrielle. Un lieu de transformation des ressources et de transit. Dunkerque est une ville accueillante et touristique. C’est aussi une ville de carnaval. Elle sait se déguiser. Et Dunkerque est téméraire. Jean Bart n‘est pas par hasard la figure de proue de la ville. Comme lui Dunkerque s’engage sur les faveurs de l‘industrie mondiale, pour la rénovation du centre-ville et pour développer son attractivité balnéaire. Le déploiement du terrain portuaire s‘accorde avec la pollution. La ville et ses habitants prennent des risques. Ils sont courageux.

La vue du Belvédère de la Halle aux Sucres sur la ville est excellente. Au loin, elle montre les habitations, le vieux port, le gigantisme industriel, l‘université moderne. La Halle aux Sucres est dédiée à la recherche, au développement, à l’expérimentation et à l’analyse urbanistique. C’est aussi un lieu d’échange et de rencontre ouvert, où différentes voix se font entendre. Elle pose la question de la vie citoyenne, de la participation des habitants en ville.

Le crayon touche le papier doucement. Le mouvement rotatif laisse des traces circulaires. Celles-ci sont régulières ou discontinues. L’impact sur le papier est parfois plus violent, je perds le contrôle. Les formes prolifèrent et se répandent à la surface du papier. Le crayon danse sur et avec le papier. Il le fait bouger comme le vent dans les voiles. Cette rencontre du crayon et du papier « parle ». Elle fait penser au murmure de l’arbre, au son de l’usine ou au bruit percussif d’une batterie. L'image arrive par hasard. Elle reste vague.
Pour comprendre la ville et la vie citoyenne, la distinction entre public et privé est importante. Nous avons toujours deux vies : une vie privée et une vie politique/publique. Selon Hannah Arendt, Il est difficile de distinguer nos activités qui répondent à des besoins biologiques et celles qui constituent la vie politique : agir, parler, penser sont des activités fluctuantes et fugitives. Dans l’Antiquité le privé s’entendait dans un sens de privation du droit à l’espace public, l’esclave n’avait d’autre vie que privée. Depuis l’époque moderne l’espace social a remplacé l’espace politique et est infiltré par des principes privés qui excluent l’action. Une autre référence pour La Dessindustrie est le texte La Notion de dépense de Georges Bataille qui met en lumière les activités prétendues inutiles. Encore avec Hannah Arendt « Ce que nous avons devant nous, c’est la perspective d’une société de travailleurs sans travail, c’est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire. » Je pense que se dépenser publiquement et en commun est la meilleure chose à faire. La Dessindustrie à la Halle aux sucres met en focus les voix dans la ville. Les bruits de papier et crayon sont traduites en temps réelle dans un concert de voyelles. Autour du processus de dessin une centaine des samples seront enregistrés, généré par les visiteurs et travailleurs à la Halle aux sucres selon la question : « Quel mot utilisez-vous souvent pour décrire la vie en ville? » (merveilleuse donne « e ei eu »; pas trop « a o ».)